Déjà lu du même auteur : « Les âmes grises » et « La petite fille de Monsiseur Linh ».
Ecrivain, mais aussi scénariste et je crois aussi metteur en scène, Philippe Claudel multiple les talents.
« Le rapport de Brodeck » n'échappe pas au gris de cette sale humanité poisseuse, violente, lâche et pour finir assassine. La naïveté de Brodeck, sa soumission à ce qu'il croit être l'autorité, rendent son rapport douteux, presque arrangeant, sans prendre partie pour les assassins mais pas non plus de compassion pour « l'autre », « Andener », si différent, cultivé, mais peut être un peu imbu de lui même et de sa supériorité intellectuelle que les villageois ne lui pardonneront pas.
Le chien Bodreck a survécu à l'horreur des camps et doute : ...« J'ai le sentiment que je ne suis pas fait pour ma vie. Je veux dire que ma vie déborde de toute part, qu'elle n'est pas taillée pour un homme comme moi, qu'elle se remplit de trop de choses, de trop d'évènements, de trop de misères, de trop de failles.... »

















